Avec Céline de la Ferme de Chassagne

Publié le 12 juin 2016 - Dernière mise à jour le 20 janvier 2017

Céline et son mari François sont producteurs bio de céréales et légumineuses à Villefagnan, une commune en plein cœur de la Charente.

Regroupés avec 8 autres fermes au sein du GIE (Groupement d'Intérêt Economique) Ferme de Chassagne, ils produisent les lentilles vertes Paysans d'ici aux douces saveurs de ce terroir à l'accent méridional.

Pour les 5 ans de Paysans d'ici, Céline revient sur son parcours.

 

 Comment est né le groupement Ferme de Chassagne ?

Céline : Le GIE Ferme de Chassagne a été créé il y a 21 ans par 5 producteurs bio de légumes secs, dont François, mon mari. Les filières longues étaient trop aléatoires et risquées pour leurs fermes.

Ces 5 agrobiologistes ont décidé de faire face en se regroupant et en valorisant eux-mêmes leur production, de la récolte jusqu'à la commercialisation, en passant par le triage, le stockage, le conditionnement.

Le groupement s'est petit à petit structuré et développé, notamment par le biais d'un partenaire historique de la bio en France, Biocoop.

 

Les membres du GIE Ferme de Chassagne

 Comment s'est passée la naissance de la collaboration avec Ethiquable et Paysans d'ici ?

Céline : J'ai travaillé pour le réseau Semences Paysannes. C'est dans ce cadre que j'ai pu faire la connaissance de Christophe Eberhart [co-fondateur d'Ethiquable]. Lorsqu' Ethiquable a démarré son projet Paysans d'ici, Christophe a pris contact avec nous.

A l'origine pour un projet autour de la farine mais nous n'étions pas structurés pour cela. Nous avons démarré quelques mois plus tard, en 2013, avec les lentilles vertes.

Le Réseau Semences Paysannes naît en 2003 sur un constat : les semences paysannes – sélectionnées à la ferme - n'ont aucune existence reconnue. La réglementation considère que l'agriculteur utilise forcément des semences commerciales, sélectionnées par des semenciers.
Il en découle une extraordinaire érosion de la diversité des plantes cultivées, au point qu’aujourd’hui quelques variétés de blés, très proches génétiquement, couvrent 80% de l’assolement annuel en blé et que 80% des légumes cultivés il y a cinquante ans ont disparus. Les semences paysannes subsistent bel et bien : la grande majorité des paysans de la planète ressèment leurs récoltes et échangent leurs semences et leurs plants. Pour que ces semences paysannes puissent exister durablement, il faut leur reconnaître la possibilité de circuler, d’être vendues et échangées.
 www.semencespaysannes.org

 

 Quel est l'impact pour vous de la collaboration avec Paysans d'ici  ?



Céline : Au départ, nous étions méfiants vis à vis de la vente en grande distribution. Mais en échangeant avec Ethiquable, nous nous sommes retrouvés dans les valeurs de la SCOP et son éthique.

On pouvait parler de prix de revient, des besoins du terrain, de la garantie apportée aux producteurs.  

Le fait de pouvoir échanger sur tous ces points est un préalable indispensable pour nous. Pouvoir le faire en toute transparence avec Ethiquable était déjà un point positif !

De plus, le format SCOP d'Ethiquable proche de notre structure était synonyme de solidarité, ce qui nous a beaucoup plu. Les débouchés via Ethiquable sont finalement une chance pour nous.

Ethiquable est notre partenaire de confiance pour la grande distribution. Nous traitons avec lui et il permet ainsi de diffuser et de faire connaître nos produits à un public plus large. 
Pour nous, Ethiquable tire la grande distribution vers le haut ! 

Nous avons le sentiment de construire ensemble un autre modèle.


Jeune pousse de lentilles                                     Binage des lentilles

 Quelles sont pour vous les clés pour pérenniser les exploitations agricoles dans un contexte où on parle beaucoup de fermetures d'exploitations  ?


Se regrouper  !

Céline : La solidarité aide à défendre nos produits et à être plus forts pour ne pas brader nos prix. Un producteur isolé va subir plus de pression pour faire baisser ses prix. Ceux qui se structurent en groupement sont plus dans la solidarité.

Cela n'est pas forcément si répandu dans le milieu agricole. Ainsi le GIE permet à chaque producteur de percevoir des prix décents même si le marché fluctue. La dynamique collective nous a permis d'investir dans du matériel performant, de manière à valoriser nos produits.

Elle nous permet également de nous équiper pour développer de la valeur ajoutée chez nous. Nous faisons par exemple l'ensachage nous-mêmes et commercialisons un produit prêt à être vendu au consommateur.


Multiplier les débouchés

La vente via Ethiquable est une diversification intéressante pour nous. Ce nouveau débouché permet de s'ouvrir et d'avoir des projets de développement sur le territoire : maintien de nos fermes de tailles petites à moyennes, accueil de nouveaux producteurs (installation ou conversion à l'agriculture biologique), création d'emplois.
 

 Et pour finir sur une note gourmande, pouvez-vous nous parler de la spécificité de la lentille que vous cultivez ?


Céline : Il s'agit d'une culture typique de notre région, tout comme le haricot blanc. En bio, on doit diversifier les cultures pour la rotation des sols.

Nous cultivons donc plusieurs types d'oléagineux, légumes secs et céréales. Les légumes secs résistent bien à la sécheresse et demandent peu d'azote. Parfait pour notre terre et notre climat.

Nous avons une terre méridionale, très calcaire et séchante qui donne une saveur très douce à nos lentilles, caractéristique de notre terroir.

 
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